Un mois à la rencontre des peuples nomades, de leurs traditions et de la sagesse bouddhiste, pour un projet artistique et documentaire soutenu par Terre Anima.
À 18 ans, Maria aurait pu choisir de découvrir la Mongolie derrière la vitre d’un bus touristique. Elle a préféré pousser la porte des yourtes, partager le quotidien des familles, tendre le pouce sur les routes et apprendre auprès des moines bouddhistes.
Un sac à dos, un appareil photo argentique, des carnets, une bonne dose d’audace : voilà l’équipement de cette jeune femme partie seule pendant un mois.
Derrière ce voyage, un projet artistique et documentaire : étudier les traditions nomades et la philosophie bouddhiste, les photographier et transmettre ses découvertes au public. Une démarche que Terre Anima a choisi de soutenir.
À 18 ans, elle décide de partir seule à l’autre bout du monde
Maria Gillot a 18 ans, habite en Eure-et-Loir et nourrit depuis l’adolescence une passion pour les voyages, les arts et la découverte d’autres cultures. Théâtre, danse, peinture, écriture… et surtout photographie et vidéo.
La Mongolie la fascine depuis longtemps, par ses grands espaces, ses traditions nomades et sa spiritualité.
Mais Maria ne veut pas simplement visiter ce pays. Elle souhaite rencontrer ceux qui perpétuent ses traditions, découvrir le bouddhisme auprès de ceux qui le pratiquent et explorer une notion qui l’intrigue particulièrement : l’anicca, l’impermanence des choses, un enseignement fondamental du bouddhisme qu’elle souhaite étudier à travers le quotidien des peuples nomades.
Lorsqu’elle nous présente son projet, nous sommes tous très touchés par sa démarche. Sa curiosité, sa vision des cultures ancestrales à préserver et son désir de transmission rejoignent profondément les valeurs de Terre Anima.
Nous décidons de soutenir cette mission bénévole et ses futures restitutions.
Fin juillet 2026, Maria s’envole pour Oulan-Bator. Et l’aventure commence !
Une yourte, des enfants, des chevaux… et des rencontres inoubliables
Dès son arrivée dans la capitale, Maria explore monastères, musées et marchés, assiste à un spectacle de danse traditionnelle et rencontre des moines bouddhistes. Son travail d’observation et de photographie commence ici.
Puis elle prend la route vers les steppes et rejoint une famille nomade vivant une partie de l’année dans un village proche de Mandalgovĭ et l’autre sous une yourte.
Pendant une semaine, elle partage leur quotidien.
Ici, les découvertes ne se font pas dans les livres. Elles se font les mains dans la terre, au potager avec les enfants, en nourrissant les animaux, en observant les éleveurs venus chercher de l’eau au puits.
La langue constitue parfois un obstacle, mais les gestes et les sourires prennent le relais. Et puis il y a les steppes, les animaux partout, les horizons qui semblent ne jamais finir…
À la fin de son séjour, la famille l’emmène assister à une fête en l’honneur du cheval. Des familles venues des villages alentour se retrouvent, les chevaux côtoient les moutons et les chameaux. Tous se réunissent sous la yourte autour du mouton préparé pour l’occasion.
Maria raconte :
« Cette effervescence était forte à vivre, je me souviens particulièrement d’un grand sentiment de partage […] »
L’art de voyager en faisant confiance aux rencontres
Pour parcourir la Mongolie, Maria a choisi une méthode locale qui demande une certaine souplesse : l’auto-stop !
Et elle découvre que tendre le pouce peut ouvrir bien d’autres portes que celle d’une voiture.
Car les conducteurs ne se contentent pas de la déposer à destination. Ils l’accueillent chez eux, lui font découvrir leur quotidien et lui ouvrent les portes de leur culture.
C’est ainsi qu’elle arrive à Karakorum, dans la vallée de l’Orkhon :
« Je suis arrivée dans cet écrin de magie, dans la vallée de l’Orkhon […] »
Un couple âgé l’accueille dans sa yourte, lui fait découvrir ses activités et l’emmène au bord de la rivière avec ses petites-filles.
Plus loin, un groupe de Mongols lui permet de parcourir la province d’Övörkhangai en 4×4, jusqu’à la cascade d’Ulaan Tsutgalan, aux sources chaudes de Tsenkher et au lac Ögii.
« Là-bas quelques forêts émergent, des montagnes se dessinent et des sources d’eau peuplent les vallées. »
Mais ce qui touche profondément Maria, au-delà des paysages et des découvertes, c’est l’extraordinaire générosité des Mongols.
À plusieurs reprises, des familles l’accueillent spontanément, lui offrent le gîte et le couvert, partagent leur quotidien et l’aident à poursuivre son chemin.
Cette générosité, si présente dans les traditions bouddhistes comme dans les traditions nomades, prend ici une dimension très concrète. Elle permet à Maria d’entrer dans l’intimité des familles, de découvrir leurs modes de vie et de nouer des liens bien au-delà de la simple rencontre de passage.
Au monastère d’Amarbayasgalant, une recherche entre bouddhisme et vie nomade
Au cœur des montagnes du nord de la Mongolie, Maria atteint l’un des lieux qu’elle rêvait de découvrir : le monastère bouddhiste d’Amarbayasgalant.
Deux jeunes filles rencontrées sur sa route l’aident à trouver l’hospitalité chez un moine.
Elle découvre le monastère, médite dans le temple et échange sur le bouddhisme avec son hôte et une Anglaise spécialiste de cette religion.
Elle explore aussi l’anicca à travers la vie des familles nomades.
Elle écrit :
« L’étude de l’impermanence commence déjà dans l’observation du quotidien des mongols, dans l’immersion et la discussion avec eux pour comprendre progressivement leur rapport au temps. »
Dans son rapport, elle précise sa méthode :
« Concernant le mode de vie nomade, la découverte s’est d’abord faite par l’observation, puis par la discussion, et enfin la pratique. L’immersion chez eux permet ces trois choses. »
Elle poursuit ses recherches auprès d’autres moines et assiste à un festival de traditions nomades : lutte, chants, danses et rituels chamaniques.
Une rencontre avec cette culture qui la marque particulièrement :
« Ce fut très puissant et enrichissant de m’entretenir avec ces nomades, de les voir performer avec fierté et amour pour leur culture. »
Photographier pour transmettre, plutôt que collectionner des souvenirs
Maria n’est pas partie uniquement pour découvrir. Elle voulait aussi témoigner, créer et surtout transmettre.
Dès la conception de son projet, la photographie occupe une place essentielle. Elle souhaite réaliser un travail artistique capable de raconter les rencontres, les traditions et le quotidien des familles mongoles, tout en donnant une expression sensible à sa recherche autour de l’impermanence.
Et son choix de la photographie argentique n’a rien d’anodin.
Elle tient à respecter l’intimité des personnes rencontrées. Avec une pellicule, chaque déclenchement compte : il faut regarder, choisir, parfois renoncer à photographier.
Elle le formule elle-même :
« Il n’est pas question de tout prendre en photo ni de prendre juste pour documenter, mais de créer à partir de la réalité pour aller au-delà d’une documentation par l’image. »
L’argentique est ici un véritable choix artistique.
Maria veut aller au-delà du simple souvenir de voyage. Elle souhaite que ses images expriment quelque chose de ses rencontres, de la culture mongole et de sa recherche autour de l’impermanence. Ses photographies, ses notes et ses témoignages formeront un travail destiné à être partagé avec le public.
Ce que Maria rapporte de Mongolie ne tient dans aucun sac à dos
Un mois plus tard, Maria revient en France, riche de rencontres, de fêtes, de méditations… et de quelques petites leçons pratiques !
La première ? Un sac de couchage aurait été une excellente idée. Elle le note elle-même dans son bilan !
Mais surtout, elle revient profondément enrichie par les rencontres.
« J’ai appris à voir la beauté dans chaque lieu, et à ressentir plus intensément encore le monde. »
Et cette phrase, magnifique :
« C’est surtout le lien avec le monde qui m’a rendue si riche de l’intérieur. »
Elle confie également :
« […] je ne pourrai oublier ce sentiment de liberté et d’amour que j’ai ressenti dans ces steppes. »
Pourquoi Terre Anima a choisi de soutenir Maria
On ne peut préserver que ce que l’on connaît.
Faire connaître les cultures traditionnelles, leurs savoirs et leurs pratiques, c’est sensibiliser le public à leur importance et à leur préservation.
Le projet de Maria associe précisément recherche, création artistique et transmission, en cohérence avec notre mission de découverte, de promotion et de soutien aux peuples de traditions ancestrales.
Notre accompagnement ne consiste donc pas à financer un voyage personnel, mais à soutenir une mission documentaire bénévole, construite autour d’objectifs précis et d’un travail destiné à être partagé avec le public.
De la Mongolie à la France : transmettre pour préserver
Et c’est maintenant que le travail de Maria va pouvoir prendre toute son ampleur !
Plusieurs prolongements sont envisagés : exposer ses photographies, témoigner de son expérience et de ses recherches, et participer aux salons et événements auxquels Terre Anima prend part.
Nous réfléchissons également à la possibilité de proposer certaines de ses photographies à la boutique de l’association. Leur vente pourrait alors contribuer au financement de nos actions de solidarité auprès des peuples de traditions ancestrales dans les différents pays où Terre Anima intervient.
Maria envisage aussi de prolonger son exploration de l’anicca à travers un recueil d’essais philosophiques, nourri de ses observations et de ses rencontres.
De la découverte à la création, puis de la création à la transmission et à la solidarité : c’est tout le sens de ce projet.
Merci Maria ! Pour ton enthousiasme, ton courage, ton travail et toutes ces rencontres que tu nous permettras de découvrir à notre tour.
Nous avons hâte de partager la suite de ce beau projet avec vous !